Mike Oldfield – Man on the Rocks – Partie 1/2

ManOnTheRocksLorsque Mike Oldfield sort un nouvel album, ce qu’il ne manque pas de faire lorsqu’il est las de remasteriser ses anciens succès, c’est toujours un événement dans la communauté des fans, dont je fais partie (Gaston et Eclipse également, mais à leur insu) ! Mais c’est aussi avec appréhension qu’on voit arriver ces nouveaux opus. Celui qui s’est fait connaitre par le magistral album Tubular Bells a en effet par la suite su avec brio perdre ses fans par des productions inégales et très variées. Ainsi, c’est le cœur empreint de sentiments mêlés que nous avons vu arriver ce nouvel album. Et nous nous sommes dit que ça valait bien deux articles.

Un peu d’histoire…

Des débuts exceptionnels

Mike Oldfield a commencé sa carrière de manière retentissante en publiant en 1973 le tout premier album d’une maison de disque nouvellement créée nommée Virgin. Autant dire que Richard Branson, le directeur de ce label, a eu la bonne intuition en signant ce jeune musicien de 19 ans et que ce dernier le lui a bien rendu en offrant un démarrage en fanfare à Virgin (par la suite, les relations entre Mike et RB furent un peu moins bonnes…). Multi-instrumentiste, Mike Oldfield joue lui-même de la vingtaine d’instruments présents sur cet « opéra-rock » resté selon certaines sources 243 semaines consécutives dans les charts britanniques. Par la suite, Mike compose d’autres albums assez proches de ce premier opus : Hergest Ridge (1974), Ommadawn (1974), Incantations (1978), etc.

Ces albums, que je qualifie de purs chefs-d’œuvre sans aucunement tomber dans l’excès, agrègent une première communauté d’admirateurs qui apprécient son talent pour la composition de mélodies intemporelles, l’émotion de son jeu et la manière dont il fait le lien entre le rock progressif et la musique new age. Une communauté qui sera mise à rude épreuve…

Et si on ramenait un peu d’argent aussi ?

Mike aborde alors un virage avec les albums Platinum (1979) et QE2 (1980). Les pistes raccourcissent, les mélodies se simplifient, les morceaux commencent à prendre une coloration plus pop et plus grand public qui trouve son apogée avec tout d’abord Five Miles Out (1982) et surtout le succès de l’album Crises en 1983. De cet album sont issus les tubes Moonlight Shadow et Shadow on a Wall. Mais si, Moonlight Shadow ! Même si vous n’avez reconnu aucun morceau jusque là, celui-ci, vous le connaissez !

Tous ces albums alors sont construits selon le même schéma : un premier morceau d’un vingtaine de minutes, orienté rock progressif avant-gardiste, comme les premiers albums, suivi sur la face B du vinyle de quatre ou cinq chansons plus pop et surtout plus radiophoniques. Bref, dans cette période, un nouveau public découvre Mike Oldfield à travers ses chansons grand public, il donne alors un certain nombre de concerts en rançon de sa notoriété.

Petit interlude à noter : Mike Oldfield signe en 1984 la bande originale du film « La Déchirure » (The Killing Fields), dont est extrait entre autre le très  reposant Etude.

Mais revenons à notre pop/rock. Mike continue à surfer sur la même vague avec les albums Discovery (1984), Island (1987), ainsi que l’album qui plait aux conducteurs de pelles, Earth Moving (1989) ou encore Heaven’s Open (1991).

Heureusement, Mike produit un excellent album en 1990, Amarok, mais pour embêter tout le monde, il comporte une seule et unique piste de 60 minutes, impossible à diviser en chansons au format radio. Résultat : peu de promotion autour de cet album et très peu de ventes, bien que cette oeuvre soit très appréciée aujourd’hui auprès des afficionados. Cet album, conçu comme un énorme bras d’honneur à sa maison de disque, marque aussi la fin des bonnes relations avec le patron Richard Branson.

Mike ? On a du mal à te suivre, là…

C’est la maison de disque Warner qui récupère Mike Oldfield dans son giron à partir de 1992. Un Mike Oldfield qui se lance alors dans une série de disque alternant les reprises, rééditions, réorchestrations, réenregistrements et réarrangements de son tout premier album : Tubular Bells II (1992), Tubular Bells III (1998), Tubular Bells 2003 (en heu… 2003). Bref. Entre deux, quelques albums new age planants, reprise de chants folkloriques ou ethniques, compositions personnelles peu inspirées ou trop personnelles : The Song of Distant Earth (1994), Voyager (1996), Guitars (1999), Tres Lunas (2002)… Peu de choses à conserver de ces albums, même si j’aime assez Guitars. C’est d’ailleurs avec une certaine nostalgie que je me rappelle l’époque où je regardais le clip de Let There Be Light, considérant ceci comme la meilleure chanson jamais sortie. Que les temps ont changé.

Mais jetons un linceul complaisant sur ces errements.

Et maintenant, que vais-je faire ?

Mike, maintentant chez Mercury, produit en 2005 un nouvel album dans la droite ligne de sa période Warner : Light + Shade, album planant et électronique quasi-instrumental à nouveau en manque d’inspiration. Je me souviens d’ailleurs que le cd incluait un logiciel  (présenté comme quasiment professionnel) sur lequel on jouait à ajouter et retirer les différents instruments de quatre des pistes de l’album. Même à mon jeune âge, ça ne m’a pas amusé plus de quelques minutes.

A ce moment, Mike sent qu’il est quand même proche du point de non-retour. Il se remet en cause. Il a raison. Et il se lance dans un projet de musique classique. Oui c’est une exérèse originale en réponse à l’essoufflement artistique qui gangrène l’artiste. Il publie donc Music of the Spheres, en s’associant d’ailleurs pour ça au pianiste prodige Lang Lang. Rien que ça. Ce chef-d’œuvre de la musique classique, ambitieux mais accessible, donne à voir une toute nouvelle facette de l’artiste, tout en conservant la marque de fabrique oldfieldienne. Par contre, autant dire que les admirateurs de l’artiste ont été plutôt partagés.

Nous sommes alors en 2008 et depuis, plus rien. Mike revend ses anciennes guitares sur Ebay. Est-ce la fin ? Que peut-il faire après ce Music of the Spheres ? Quelle suite donner à sa carrière ? Y en aura-t-il une ? La suite au prochain article !

2 commentaires à propos de “Mike Oldfield – Man on the Rocks – Partie 1/2

  1. Je suis allé au bout du billet sans écouter un seul morceau! Qu’est-ce que j’ai gagné?
    Blague à part, Sigismond se remet au travail, toute la communauté (ou presque) s’en félicite!

  2. Qu’est-ce que tu as gagné ? Mon mépris.
    Blague à part, le premier morceau intégré en vidéo est parmi ses tout meilleurs, le second est son plus connu, le troisième son plus drôle et incongru.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *