Hip-hop Centipède, le joyeux bordel de D-Bangerz

Pochette de l'album Hip-Hop Centipède de D-BangerzJoyeux, tout à fait ! Sur DLT, la troisième piste de leur premier album, les D-Bangerz invitent à PIOU PIOU PIOU désintégrer tout un tas de gens, des contrôleurs SNCF à Nikos Aliagas, sur fond de bataille de pistolasers. Fun. Sur la première piste, Putain je m’en lave, un gars avec la voix d’un baryton corse entonne « Comme si j’étais sous la douche et me remettais une couche d’Ushuaïa, putain je m’en laveuuuh » … Rigolo ! Sur la sixième piste, un sociopathe invite une adolescente rencontrée sur facebook à rencontrer le Grand méchant loup samedi soir au parc histoire d’être seuls… STOP ! Oui, bon, ce n’est pas QUE joyeux, ok. Par contre, c’est bien un joli bordel, cet Hip-hop Centipède !

Impossible d’identifier clairement ce que sont les D-Bangerz. La biographie du groupe parle de « 5 potes d’enfance » dont 4 MC’s et un beatmaker… on s’attend donc à avoir un album 100% rap, et pourtant, c’est souvent l’électro qui prédomine. Bon, il s’avère que le beatmaker, Broad Rush, est spécialisé dans le dubstep, ce qui explique cela. On parlera de EDM Trap ou bien de grime, si l’on devait les définir, mais c’est sans compter qu’ils ont fait appel au chanteur soul danois Jonas Rendbo sur le très 90ies Lorem Ipsum, qu’ils ont pondu un pur club banger(z) avec les anglais de Virus Syndicate sur Hold Up, tandis qu’ils se sont acoquinés avec les rappeuses canadiennes de Random Recipe sur Copycat.

Bannière de présentation de l'album Hip Hop centipède de D-Bangerz

Copycat est d’ailleurs une bonne synthèse du gros bordel que peut être Hip-hop centipède. Ils sont déjà 4 MC’s aux flows assez différents, ils appellent pourtant à la rescousse la voix douce de Frannie Holder pour le refrain… contrebalancée directement par le rap agressif de Fab, toutes deux faisant donc partie du groupe tout aussi hybride Random Recipe. La structure de la chanson en elle-même est mystérieuse, peu aidée par la prod qui part dans tous les sens. Mais bon, je ne vais pas vous balader plus longtemps : il s’agit d’une de mes pistes préférées de l’opus, car ce joyeux bordel, ben c’est le point fort de Hip-Hop centipède : cette faculté qu’ont les D-Bangerz de nous surprendre, à l’intérieur même d’un morceau.

Écoutez Copycat des D-Bangerz feat. Random Recipe ci-dessous ou en cliquant ICI :

Surprise aussi à l’écoute de la piste 9, le featuring avec le Danois Jonas Rendbo : Lorem Ipsum. Exit la prod. 2015 made by Skrillex : welcome dans les 90ies ! Le beat est chaloupé, le synthé passe en mode xylophone, le refrain soul sonne comme un classique, le « Talking That Talk, blah blah blah » vous restera d’ailleurs dans l’oreille. Avec sa fin sublime qui part en couille électronique, Lorem Ipsum est probablement un des morceaux les plus convaincants de l’album, un style qui va bien aux D-Bangerz, même si ce sera le seul du genre dans le disque. Découvrez-le ci-dessous ou en cliquant ICI :

Mais globalement, l’album est donc plutôt composé sur base de productions électroniques. On n’est pas dans la finesse de Jon Hopkins mais plutôt dans les sirènes hurlantes de Skrillex ou Diplo (ou Skrillex ET Diplo), que ce soit dans « Ouais Mais », « 4G » ou le plus marquant « Moutons » . Dans ce dernier titre, la métaphore n’est pas difficile à saisir : « Rassembler un troupeau de moutons que l’on va définir comme étant bêêêête à mort » , « Sa full HD capte l’information et la gobe » ou encore « Comment un mouton en vient à voter un porc » : the shade is real. Le refrain instrumental en mode  « DROP THAT BASS » est terriblement actuel et addictif. L’impression d’entendre de vrais bêlements de moutons par moment ajoute un côté décalé, même s’ils n’ont (heureusement) pas été dans l’exagération comme leur copain Arca. S’il fallait choisir un single porteur pour Hip-Hop Centipède, Moutons (et la bombe Hold-up bien sûr) devrait pouvoir faire  son petit effet ! Découvrez ce titre et ses paroles ci-dessous :

Vous l’aurez compris, tous les styles sont représentés dans cet étonnant « Hip-Hop Centipède ». A l’image de son titre en référence au film d’horreur The Human Centipede, l’album est inclassable et probablement un peu dérangeant de par ses sonorités et quelques uns de ses textes. Comme si nous étions transformés par le Dr. Josef Heiter du film, il nous suffit d’apprendre à digérer correctement cette galette et l’expérience pourrait bien s’avérer exceptionnelle ! Bon, j’arrête là les comparaisons foireuses : je pense que le principal rapport avec le film est que l’album est une critique des gens de notre société qui avalent directement de l’anus d’un autre la grosse merde qu’il peut produire. Tout un programme, donc : n’hésitez pas à soutenir cette volonté d’assainissement communautaire en vous procurant dès maintenant l’album Hip-hop centipède : cliquez ICI.

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